Les grands vins de grave

Le vignoble bordelais remonte à l’Antiquité. Les premières vignes étaient plantées au sud de la ville de Bordeaux sur des terres qui étaient pauvres et caillouteuses. C’était l’actuelle terre des Graves, le Médoc n’est, à cette époque, qu’une lande marécageuse. Il faudra attendre le XIIe siècle pour que le vignoble connaisse un véritable essor. Le roi d’Angleterre, marié à Aliénor d’Aquitaine, va accorder alors le « privilège bordelais », qui stipule que les vins du cru sont prioritaires à la vente jusqu’à la Toussaint ou Noël. Un avantage important car les vins se conservaient mal.

Au XIVe siècle, le pape Clément V fut l’un des premiers ambassadeurs servant en Avignon et même à Oxford, des vins de sa région des Graves. Mais l’âge d’or s’ouvrit au XVIe siècle avec l’engouement des anglais pour le Clairet. C’était un rosé vivifiant et rafraîchissant. Le succès était tel, que le vignoble de Bordeaux se mit à produire 80% de rosé au détriment du vin rouge. Au XVIIIe siècle, ce fut Montesquieu, philosophe, écrivain, mais avant tout vigneron, qui se fit porte-parole des vins de la région, tant à Paris qu’en Grande-Bretagne. À la même période, les exportations des vins de Bordeaux vers l’Angleterre et le nord de l’Europe sont à leur apogée. Les vins des Graves dominent alors largement le marché.

Puis les XIXe et XXe siècles furent plus compliqués avec des attaques de maladies successives comme l’oïdium en 1857, le phylloxéra dès 1866 et le mildiou en 1878. Ces dernières ravagèrent le vignoble. C’est d’ailleurs à Bordeaux et à ces désagréments que l’on doit la fameuse préparation « bouillie bordelaise » qui permet de lutter efficacement contre le mildiou. C’est dans les années 1970 qu’ils vont retrouver leur réputation d’antan. Depuis, ils sont appréciés en France et à travers le monde par les amateurs de grands vins.

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17-19 Cours du Medoc
33 300 Bordeaux